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Catégorie: Économie sociale

Inspirations pour nos communautés : l’économie sociale vue depuis Bordeaux 

Au cœur de Bordeaux, entre les ruelles anciennes et les plaines généreuses de la Gironde, Valérye Tremblay, conseillère en économie sociale à la CDEPNQL, et Jinny Thibodeau Rankin, directrice générale de la CDEPNQL, et Emilie McKenzie, conseillère en développement à Tourisme autochtone Québec, ont plongé dans un écosystème où solidarité, innovation et ancrage territorial s’entremêlent avec force. 
 
Pendant quatre jours, le Forum mondial sur l’économie sociale solidaire (GSEF) 2025 leur a servi de terrain d’exploration : un espace où des initiatives audacieuses en économie sociale prenaient vie, tout en offrant de nouvelles perspectives qui peuvent inspirer des actions concrètes dans les communautés des Premières Nations. 

De Sigalens à La Réole, entre ruralité et mobilisation citoyenne, elles ont observé des modèles inspirants et des approches structurantes dont certaines résonnent avec nos besoins, nos réalités et nos aspirations. 
 
Voici les projets, les rencontres et les réflexions qui ont particulièrement nourri leur vision et qui pourraient ouvrir de nouvelles avenues pour l’économie sociale autochtone. 

S’INSPIRER DU TERRITOIRE : LA RURALITÉ COMME LABORATOIRE D’INNOVATION 

Pour Valérye et Jinny, le parcours territorial du GSEF a agi à la fois comme une loupe et un miroir. Loupe, pour révéler des pratiques concrètes et ingénieuses déployées dans les territoires ruraux français. Miroir, pour réfléchir à ce que nos propres communautés peuvent bâtir, consolider… ou rêver.  

Le parcours Sud – Gironde, d’une durée de 10h au total, mettait en lumière un enjeu universel : comment répondre aux défis de la ruralité tout en consolidant des projets collectifs durables? 

Les premières visites les ont menées à Sigalens, puis à La Réole, où l’économie sociale et solidaire (ESS) prend racine dans un équilibre assumé : 

  • Un engagement bénévole fort, 
  • Des activités marchandes essentielles, 
  • Des modèles hybrides où solidarité et viabilité économique cohabitent. 

Sur place, elles ont vu comment les organisations locales se mobilisent pour répondre à des besoins primaires — s’alimenter, apprendre, se rassembler — tout en développant des revenus récurrents qui assurent la pérennité des initiatives. 

« Leur implication bénévole m’a vraiment renversée : voir des gens donner autant d’eux-mêmes pour faire vivre des initiatives essentielles, simplement par solidarité, ça m’a profondément inspirée. »  
– Valérye Tremblay 

Ces observations nourrissent un constat clair : les communautés des Premières Nations ont elles aussi le potentiel de bâtir des écosystèmes d’économie sociale ancrés dans leurs territoires, leurs traditions et leurs forces. 
 

COUP DE CŒUR : LA SIGALE ET LE FOURNIL, UNE SOLIDARITÉ QUI SE CUIT AU FOUR 

 Ce projet a été un véritable déclencheur d’inspiration. La Sigale et le Fournil propose un modèle simple, mais incroyablement puissant : un fournil communautaire où les professionnels peuvent louer l’espace pour cuire du pain et des pâtisseries, tout en offrant une production locale accessible aux habitants. 

C’est un modèle d’économie sociale parfaitement équilibré : 

  • Répondre à un besoin vital — l’alimentation; 
  • Soutenir l’entrepreneuriat local; 
  • Renforcer la cohésion sociale; 
  • Générer des revenus durables. 

Pour les Premières Nations, une telle approche pourrait nourrir de belles pistes : former des artisans, créer des espaces partagés, transmettre des savoirs culinaires, tout en rendant les communautés plus autonomes sur le plan alimentaire. Un modèle flexible, hautement mobilisateur et qui peut prendre racine dans plusieurs communautés. 

LA BULLE : QUAND LA CUISINE DEVIENT OUTIL D’ÉDUCATION ET DE TRANSMISSION 

À La Réole, la rencontre avec La Bulle, fondée par Aline, a ouvert d’autres horizons. Cette association développe une panoplie d’activités centrées sur l’alimentation durable : ateliers culinaires, formations pour les professionnels, cantine événementielle, ingénierie de projets… le tout dans une approche intergénérationnelle. 

On y parle cuisine, mais aussi pédagogie, autonomie, innovation. C’est un espace où l’on apprend en faisant, où l’on partage, où l’on se nourrit ensemble — littéralement et symboliquement. 

L’idée d’une cantine mobile a particulièrement retenu l’attention : un projet nomade capable de relier les communautés, de transmettre les savoirs culinaires des Premières Nations, de créer des ponts entre les générations et de renforcer la sécurité alimentaire. 

« Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que représenterait une telle initiative chez nous : un espace où les savoirs de nos aînés se déposent dans les mains des jeunes, où la cuisine devient un pont entre les générations, et où chaque plat devient une richesse familiale transmise. »  
– Jinny Thibodeau Rankin 

Pour la CDEPNQL, cette rencontre confirme une intuition forte : l’alimentation est un levier puissant pour l’éducation, l’autonomie et l’innovation sociale et, plus encore, un langage commun qui rassemble, crée des liens et nourrit l’identité des communautés des Premières Nations. 

L’OURSE D’ID1N : UN PUISSANT POINT DE RENCONTRE CULTUREL 

Au-delà des projets visités, une autre dimension de la mission s’est révélée essentielle : la visibilité culturelle
Partout où elles allaient, la jupe traditionnelle et les lanières perlées portées par Valérye, Jinny et Emilie devenaient des portes d’entrée vers des conversations profondes. L’Ourse d’ID1N, arborée avec fierté par le trio, jouait pleinement son rôle de symbole identitaire fort. 

Ce simple geste a déclenché : 

  • Des échanges sur l’authenticité et la culture; 
  • Des discussions sur l’importance d’éviter l’appropriation; 
  • Des prises de conscience sur les impacts des choix de consommation, notamment par les touristes européens au Québec. 

L’Ourse d’ID1N a donc joué pleinement son rôle : inspirer, sensibiliser, rallier. 

Parmi les moments forts : 

  • Une entrevue avec le média Errol.coop
  • Des visiteurs qui revenaient pour demander un pin, comprendre sa signification; 
  • Des échanges spontanés autour de la reconnaissance du travail des artistes et artisans. 

Ces interactions renforcent l’ambition de la CDEPNQL : former une délégation Premières Nations et Inuit forte pour l’édition 2027 du GSEF, non seulement comme participantes, mais surtout comme présentatrices, porteuses de voix, et actrices incontournables de l’économie sociale au Québec. 

Transformer l’inspiration en actions concrètes 

Le GSEF, c’est bien plus qu’un lieu de rencontres. C’est un espace où s’expriment les réalités géopolitiques, les inégalités, les espoirs et la résilience des peuples du monde entier. 
Valérye, Jinny et Emilie reviennent avec une vision élargie, nourrie de modèles diversifiés et ancrée dans la conviction que les Premières Nations ont tout ce qu’il faut pour occuper une place centrale — et distinctive — dans l’économie sociale. 

Les initiatives observées démontrent que l’innovation sociale peut être simple, accessible et profondément transformante… quand elle est enracinée dans le territoire et portée par la communauté. 

👉 Vous souhaitez développer une initiative en économie sociale dans votre communauté? Nos conseillères et conseillers sont là pour vous accompagner. Communiquez avec la CDEPNQL pour donner vie à vos idées. 

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