Il y a un mois à peine, Michael Fortin ouvrait les portes de C1NA, un des seuls cabinets comptables détenus majoritairement par des membres des Premières Nations au Québec. Derrière ce lancement, il y a un parcours hors norme, une conviction profonde, et une histoire d’accompagnement qui mérite d’être racontée.

Originaire de Chibougamau, Michael est membre de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, mais a grandi hors communauté. Touche-à-tout dans la restauration, il avait la piqûre des affaires. Jusqu’au jour où, voulant acheter un restaurant, il s’est heurté à un mur: les chiffres lui échappaient. Plutôt que de dépendre de quelqu’un d’autre, il a décidé de devenir son propre expert. Direction Sherbrooke pour obtenir son titre de CPA!
Ce virage l’a mené de l’industrie forestière et ensuite à la CDRHPNQ, où il a occupé les postes de directeur des finances et de directeur général par intérim. C’est là que tout a basculé.
« J’ai constaté un énorme besoin de comptabilité chez les entrepreneurs autochtones. Les représentants des communautés travaillant avec la CDRHPNQ le disaient: on manque de comptables, d’avocats, de professionnels pour défendre nos intérêts. »
Des échanges avec des organismes comme la CDEPNQL confirment le constat: trop d’entrepreneurs autochtones se butent à des professionnels qui ne comprennent pas leur réalité, ou pire, qui les obligent à justifier leurs droits sans cesse. Découragement, barrières, perte de momentum, les embûches semblaient plus que nombreuses.
Michael aurait pu rester spectateur. Il a choisi d’être acteur en lançant C1NA.
C1NA: un nom, une mission, une équipe
Le choix de nom C1NA, aussi Comptabilité Premières Nations First Nations Accounting, se veut sans ambiguïté :
« Plusieurs cabinets privés arborent le nom de la personne qui le démarre, mais ce n’est pas la direction que je voulais prendre. C’est un nom bilingue, indiquant que nos services sont pour tous, peu importe la langue. Son aspect générique est très volontaire, parce qu’on est une équipe, pas juste Michael, et qui indique clairement que nos services s’adressent aux membres des Premières Nations », précise-t-il.
La mission? Offrir des services comptables complets, tenue de livres, paie, impôts, états financiers, conseils fiscaux, et bien plus aux entrepreneurs et organisations des Premières Nations, sur les communautés comme en milieu urbain. Mais surtout, le faire avec une approche qui change tout :
« Dans un cabinet allochtone, il peut y avoir beaucoup de barrières. Les entrepreneurs doivent se faire comprendre, se justifier et parfois même se battre pour leurs droits fiscaux. Ici, ils n’ont pas à défendre le fait qu’ils ont bel et bien des droits et n’ont pas besoin de faire de compromis pour avoir une bonne qualité de service. On crée un lien de confiance, avec un accompagnement graduel, adapté aux réalités des membres des Premières Nations. »
Former la relève, garder la richesse en communauté
L’une des ambitions les plus fortes de Michael est de former une nouvelle génération de professionnels autochtones en comptabilité.
Déjà, un stagiaire fait partie de l’équipe de trois personnes. Avec une vision à long terme, l’objectif est clair: intégrer les talents autochtones, et surtout, leur permettre de travailler à distance pour ne pas vider les communautés de leurs talents.
« Si on sort la personne de la communauté, on sort l’argent de la communauté. On n’aide pas le développement économique comme ça. Le but est que la richesse reste sur les territoires et que les Premières Nations aient enfin accès, partout, à des experts comptables qui les comprennent de l’intérieur. Si on y arrive, eh bien j’espère qu’un jour, notre cabinet aura un représentant par communauté au Québec. »
Un mouvement plus grand que soi
Ce qui rend Michael le plus fier depuis le lancement de C1NA? « Faire partie de la communauté, me sentir soutenu, encouragé. C1NA est vu comme un aspect structurant et je ressens vraiment la fierté. »
Ce qui le motive au quotidien, c’est de voir du mouvement dans le développement économique des Premières Nations, de voir la place grandissante de ses pairs dans le milieu entrepreneurial : « On commence vraiment à shiner dans nos dirigeants, dans notre développement économique. Y’a un mouvement de leadership incroyable qui me donne envie de moi aussi me joindre à la vague, faire ma part et contribuer à la solution. »
Et son message aux entrepreneurs autochtones qui hésitent encore?
« Ne pas attendre la perfection. Sinon, tu seras toujours dans les excuses pour ne jamais te lancer. Fais le saut, entoure-toi bien et le reste se placera au fur et à mesure. »
Un entrepreneur accompagné, un projet structuré
Michael Fortin ne s’est pas lancé seul. Son projet a été soutenu par la CDEPNQL, qui accompagne les entrepreneurs des Premières Nations dans le développement de leurs projets d’affaires. Un coup de main qui, discrètement, a aidé à structurer l’idée, clarifier la vision et mettre les bases solides pour que C1NA voie le jour.
Parce qu’au-delà des chiffres, Michael le sait: « Le plus gros défi, c’est d’être clair sur sa mission et sa vision, de ne pas s’éparpiller et d’avoir un plan de match concret. C’est aussi super important de bien s’entourer, on ne peut pas être bon dans tout, ni avoir la réponse à tout. »
Un conseil qu’il applique aussi pour ses clients: « La comptabilité, c’est rarement la passion d’un entrepreneur. Mais négliger ses chiffres, c’est ajouter du stress. Moi, je dis: concentre-toi sur tes ventes, je me concentre sur la comptabilité, et ensemble on regarde le grand portrait. »
Tu as un projet d’affaires et ne sait pas par où commencer pour le réaliser?
L’équipe de la CDEPNQL t’offre un accompagnement personnalisé à chaque étape, de l’idée à la réalisation, en passant par la structuration financière et le démarrage. Comme pour Michael Fortin, un bon accompagnement, ça peut faire toute la différence!
Pour en savoir plus ou pour démarrer ton projet, contactez notre équipe!